Entre Orient et Méditerranée, une histoire des arts divinatoires
Astrologie, géomancie, cartes : ces arts ont voyagé de Bagdad à Tolède, de Marrakech à Florence. Six siècles d'échanges, racontés étape par étape.
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762
Bagdad naît sous les étoiles
Le calife abbasside al-Mansour fonde sa nouvelle capitale à une date choisie par ses astrologues, Nawbakht et Mâshâ'allâh parmi eux. L'astrologie entre au cœur du pouvoir.
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IXe siècle
Le grand mouvement de traduction
Sous Hârûn al-Rashîd puis al-Ma'mûn, Bagdad fait traduire en arabe les savoirs grecs, persans et indiens. La Maison de la sagesse, bibliothèque des califes, en est le symbole. C'est l'époque d'Abû Ma'shar, mort en 886, dont les traités feront autorité pendant des siècles.
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1029
Al-Bîrûnî dresse le bilan
Dans son Kitâb al-Tafhîm, al-Bîrûnî expose l'astronomie et l'astrologie de son temps avec une précision de mathématicien. Il y recense près d'une centaine de parts, ces points calculés du thème. Découvrir l'astrologie arabe
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XIIe siècle
L'Espagne traduit l'Orient
À Tolède, Gérard de Crémone traduit en latin des dizaines d'ouvrages scientifiques arabes. Jean de Séville (1133) et Hermann de Carinthie (1140) latinisent le Grand Introductoire d'Abû Ma'shar, et Hugues de Santalla traduit un traité de géomancie. L'Europe apprend l'astrologie en lisant l'arabe traduit.
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Fin du XIIe siècle
Marrakech et la zâ'iraja
À Marrakech, le mystique Abû l-'Abbâs al-Sabtî est associé à la zâ'iraja, une grande table divinatoire faite de cercles de lettres et de nombres. La géomancie, khatt al-raml, est alors courante dans tout le Maghreb. Découvrir la géomancie
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1256
Le Picatrix à la cour d'Alphonse X
Le roi de Castille fait traduire en castillan la Ghâyat al-hakîm, un traité arabe de magie astrale du XIe siècle, bientôt connu en latin sous le nom de Picatrix. Il diffuse en Europe les 28 demeures de la Lune et l'art de choisir le moment favorable.
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1370
Les cartes arrivent en Europe
Les cartes à jouer apparaissent dans les années 1370 : un dictionnaire catalan mentionne les naips dès 1371, Florence les interdit en 1377. Le mot naipes, encore utilisé en espagnol, viendrait de l'arabe nâ'ib, le lieutenant, une des figures des jeux mamelouks. Un jeu mamelouk conservé au palais de Topkapı, à Istanbul, montre quatre enseignes : coupes, deniers, épées et bâtons de polo.
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1377
Ibn Khaldûn observe et doute
Né à Tunis en 1332, Ibn Khaldûn achève sa Muqaddima. Il y décrit la géomancie et la zâ'iraja avec précision, tout en y voyant une technique plutôt qu'un accès à l'invisible. Un regard critique rare, et un témoignage précieux sur les pratiques de son temps.
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1440
Naissance du tarot
À Milan et à Ferrare, on ajoute aux quatre enseignes une série d'atouts illustrés : ce sont les tarocchi, d'abord un jeu de cartes. Les coupes, deniers et épées des jeux mamelouks deviennent les arcanes mineurs.
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1781
Le tarot devient divinatoire
Antoine Court de Gébelin publie dans Le Monde primitif sa lecture du tarot comme livre de sagesse ancienne, et Etteilla en fait dans les années suivantes un outil de cartomancie. Le tarot divinatoire moderne est né en France.
Le ciel parle encore arabe. Aldébaran vient de al-dabarân, "le suiveur". Altaïr de al-nasr al-tâ'ir, "l'aigle en vol", Véga de al-nasr al-wâqi', "l'aigle qui fond". Rigel est le rijl, le pied, et Deneb le dhanab, la queue. Bételgeuse vient de yad al-jawzâ', la main d'al-Jawzâ' : un copiste latin a lu un b à la place d'un y.
Nos tarologues et cartomanciens
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